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Archive for the ‘Comics/BD’ Category

Jiro Taniguchi vient de disparaître. Il était mon auteur de BD japonais préféré. Probablement le moins japonais de tous dans son style graphique et narratif très franco-belge qui n’a rien du manga tel que nous le connaissons. Son style d’un réalisme classique est en parfait accord avec la poésie de ses récits qui déroulent lentement leur fil en emportant le lecteur. Pour ceux qui ne connaissent pas son oeuvre je conseille de commencer par Quartier lointain.
Article paru sur Actuabd: http://www.actuabd.com/Jiro-Taniguchi-l-homme-qui-fit-aimer-les-mangas-aux-Francais
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La scénographie de l’exposition de « Deuxième Génération » au Musée Juif de Bologne est basée sur un très beau concept qui respecte la structure du livre et utilise le gris et le jaune. Dans des vitrines éclairées sont exposés deux de mes autres livres ainsi que le livre de mon père. Sur deux grands murs sont reproduits face à face, d’une part, un dessin de la première page de ma BD et le dessin de la dernière page. Ce vis-à-vis illustre de façon magistrale le poids de la mémoire de la Shoah et du non-dit et la légèreté que j’ai ressentie en le transformant en une création libératrice.

Deux interviews, en italien, parus aujourd’hui.
http://www.flashgiovani.it/node/3238
http://www.radiocittadelcapo.it/archives/la-seconda-generazione-michel-kichka-shoah-presentazione-bologna-179176/
Quelques photos prises ce matin.

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La Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste se tient dans le monde le 27 janvier. Depuis que « Deuxième Génération » est paru, en 2012, je suis invité à participer à des expositions et à rencontrer le public, en Israel ou ailleurs. Moi qui pendant des années ne me suis pas défini comme fils de survivants de la Shoah, je ne peux plus me définir autrement aujourd’hui. Cela fait maintenant partie de mon ADN, de notre histoire familiale, de ma génération.
Cette année mes dessins sont exposés simultanément en Italie au Musée Juif de Bologne, en Allemagne au Musée d’Art de Gelsenkirchen et à Paris au Mémorial de la Shoah. Deux expositions en solo et une de groupe. Mon livre aura été pour moi le début d’une incroyable aventure, d’un voyage contre l’oubli, une périple aux fins fonds de la mémoire.
Une belle aventure qui est en quelque sorte la prolongation du travail de témoin que fait mon père dans les lycées et dans les Camps de la Mort depuis plus de vingt ans.
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Le Mémorial de la Shoah de Paris vient d’inaugurer l’exposition Shoah et bande dessinée sous la direction de Didier Pasamonik et Joël Kotek. Deux cents planches originales de plusieurs dizaines d’auteurs originaires de pays différents, y sont réunies pour la première fois. Elles couvrent tout ce qui a été créé sur ce thème depuis les années 40 à aujourd’hui. Une exposition historique et qui fera date, pour laquelle un catalogue, un véritable livre de 170 pages, a été co-édité avec Denoël. Un ouvrage riche en images et en textes et commentaires. Le très beau dessin de l’affiche qui est aussi décliné en couverture est de Bilal. Un must pour tous les passionnés de la BD, de l’histoire, de la Shoah, du dessin, de l’écriture et de la mémoire.
L’exposition montre et explique comment la bande dessinée est devenue le lieu mémoriel de la Shoah.
Je le redis, une exposition historique dans les deux sens du terme. Historique objectivement et aussi comme compliment. C’est un véritable privilège d’y avoir participé.
A ne pas manquer!
Quelques photos du débat qui s’y est tenu hier soir, dirigé par Didier Pasamonik avec les artistes Jean-Philippe Stassen (belgique), Barbara Yelin (Allemagne), Alfonso Zapico (Espagne) et moi-même.

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J’avais trois ans quand Gaston Lagaffe fit son apparition dans les pages de Spirou que j’ai pu commencer à lire trois ans plus tard et dont je suis devenu un véritable fan, sans compter les histoires de Spirou et Fantasio que je dévorais avec un gourmand plaisir. Franquin maîtrisait, comme Hergé, l’art de raconter des aventures palpitantes mais possédait en plus un humour et une énergie folle qui me touchaient profondément. C’est pourquoi j’étais un inconditionnel de Spirou et pas de Tintin que je trouvais était trop serieux et trop réaliste. C’était l’école de Marcinelle et l’école Hergé. Deux mondes et deux approches de la BD belge. Entre Tintin, Blake et Mortimer, Alix l’Intrépide, Michel Vaillant et Spirou, Gaston, Lucky Luke, Johan et Pirlouit, BenoIt Brisefer, Boule et Bill, Gilles Jourdan, mon choix était définitif et irrévocable.
Franquin est avec Morris le dessinateur qui a le plus marqué mon enfance et influencé plus tard ma conception de la bande dessinée. Plus tard il y en a eu beaucoup d’autres mais ils ont été et resteront les premiers.
En 1974 quand je suis tombé amoureux d’Olivia qui avait grandi dans une famille où on ne lisait pas de BD, je lui ai fait lire un Gaston Lagaffe et quand elle a éclaté de rire avec lui, Mademoiselle Jeannne, Fantasio et Monsieur Demesmaeker, j’ai compris que ça marcherait!
En octobre 1994, quelques deux ans avant son décès, j’ai eu la chance de rencontrer Franquin dans une tête à tête qu’il m’avait gentiment accordé chez lui et j’ai pu lui dire toute l’admiration que j’ai pour lui et son travail et l’influence définitive qu’il a eue dans ma vie professionnelle. Un moment privilégié que je garde gravé au fond du coeur!
Dans « Deuxième Génération » je lui fait deux clins-d’oeil au passage.
L’exposition « Gaston, au-delà de Lagaffe » que lui consacre le Centre Pompidou est un merveilleux hommage à un des Maîtres incontesté de la BD franco-belge et une opportunité pour les plus jeunes, qui n’ont pas eu le bonheur comme moi de le lire chaque semaine pendant des années, de faire la connaissance de son oeuvre immortelle!
http://www.bpi.fr/agenda/gaston-au-dela-de-lagaffe

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Adieu Gotlib!

Gotlib, un de mes Maîtres vient de s’éteindre!
Je remets ici en ligne cet article que j’avais rédigé sur lui et son art, en Mars 2014, pour la Commission Culture juive de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.
De laïc à laïc, je ne peux pas dire Dieu ait son âme. Alors, au moins, qu’il repose en Paix!

Mon Gotlib par Michel Kichka

Les fans de Gotlib des années 60, 70 et 80, ceux qui suivaient assidûment la Rubrique-à-brac, les Dingodossiers, Gai Luron, Hamster Jovial, Superdupont, la coccinelle, l’Echo des Savanes et Fluide Glacial, étaient loin de se douter que le créateur qu’ils adulaient avait été un petit enfant juif caché pendant la guerre, dont le père avait été déporté et exterminé à Buchenwald.

Son humour décapant qu’ils prenaient pour « gaulois » était au demeurant un humour puisé aux sources du Mad Magazine new-yorkais, fleuron de l’humour juif américain des années 50. Ils ignoraient aussi, j’en suis certain, que le scénariste de la Rubrique-à-brac, un autre joyau de l’humour français, était un juif d’origine polonaise dont la moitié de la famille avait péri dans la Shoah, et qui avait dû sa survie au fait que l’autre partie de sa famille avait émigré en Argentine « à temps ». Je veux parler de René Goscinny, le papa d’Astérix, la bande dessinée à succès, mondialement reconnue comme la plus française de l’histoire du 9 ème Art. Il était aussi le papa du Petit Nicolas, un autre petit français mondialement célèbre et lu dans toutes les écoles de la République. (Et qui vient d’être traduit en yiddish!) A l’âge de 12 ans, quand je me suis abonné à Pilote pour dévorer goulument leurs planches hebdomadaires, j’étais loin de me douter que ce tandem unique était lié par un passé commun. Un passé qui rejoignait le mien.

L’oeuvre de Gotlib a tout de l’humour juif galoutique: la dérision, l’auto-dérision, l’absurde, l’exagération, un côté verbal excessif, un besoin effréné de rire et de faire rire. Tels étaient les matériaux dont Gotlib s’était construit une carapace à peine plus épaisse que celle de sa coccinelle. Il a choisi l’humour comme thérapie inconsciente pour effacer le traumatisme d’une enfance volée, passée dans le non-dit et le sentiment de culpabilité et dont le souvenir apparaît en filigrane entre les cases de « Chanson aigre-douce », la seule histoire où il évoque explicitement la vie d’un petit garçon caché chez des paysans à la campagne, et qui s’avèrera beaucoup plus tard être le petit Marcel Gottlieb. Le regard acerbe et critique de Gotlib est teinté d’une profonde tendresse et d’une grande sensibilité poétique. Le graphisme de son écriture manuscrite est celle d’un élève appliqué. C’est celle du petit Marcel né en 1934 et scolarisé en pleine guerre.

Gotlib est un des premiers auteurs de BD, si pas le premier, à s’être mis en scène dans ses histoires, se ridiculisant plus qu’il ne se mettait en avant. Il a également souvent mis René Goscinny en scène, son rédac-chef à Pilote, dans ses enquêtes-pastiches des Cinq Dernières Minutes, toujours dans le rôle de l’assassin. Une manière bien gotlibienne d’exprimer son attachement et son admiration.

Le célèbre Professeur Burp est un néo-tamudiste bavard à outrance, spécialiste de « pilpoul », qui a réponse à tout. La coccinelle est l’alter ego de l’auteur, elle se met en marge de la case, et réagit par le geste, par la parole ou par les deux, à ce qu’écrit et dessine Gotlib, qui est en soi une réaction de l’auteur au thème qu’il s’est donné. Commentaire de commentaire. Hamster Jovial quant à lui est l’anti-Tintin par excellence, lui-même héritier de Totor, Chef de la Patrouille des Hannetons, créé par Hergé en 1929 pour le Petit Vingtième. Hamster Jovial, créé en 71 par Gotlib pour la revue Rock and Folk, est une parodie de chef scout, féru de musique rock, et entouré de louveteaux aussi précoces que pervertis. Il est à l’antipode du boy-scout catho irréprochable, à l’âme pure et pudique. Cette tendance à l’extrême dans l’écriture de Gotlib est une caractéristique que l’on trouve souvent dans l’humour juif, par exemple chez Woody Allen à ses débuts, chez les Frères Marx ou encore Sienfeld. Et dans Mad Magazine animé par l’équipe de Harvey Kurtzmann, Will Elder, Jack davis, Mort Drucker,…

En fondant l’Echo des Savanes en 1972 avec Brétecher et Mandryka, Gotlib s’offre une plateforme idéale pour pousser à l’extrême sa tendance iconoclaste, sans rédac-chef par dessus la tête, et il y donne libre cours à son imagination, à ses phantasmes et à son irrévérence, héritage de l’après Mai 68. Il suffit de relire le récit du cocktail party des dieux de toutes les religions, qui dans un décor céleste se saoulent dans une beuverie festive, ponctuée de rots et de pets et qui se termine en orgie et vomissements. Une bd hautement blasphématoire qui ne trouverait probablement pas d’éditeur assez courageux ou assez suicidaire aujourd’hui.

L’ironie est que Gottlieb signifie « aimant Dieu »!

L’apport de Gotlib à la BD francophone post-soixante-huitarde ne s’arrête pas là. Après L’écho des Savanes, il crée Fluide Glacial en 1975, qui tient la route depuis bientôt 40 ans, avec son humour décalé et libertaire. Des générations d’auteurs y ont fait leurs armes et se revendiquent post-gotlibiens. Toute une BD franco-belge voit en lui un père spirituel (dans les deux sens du terme). Mais celui qu’ils voient est Marcel Gotlib, l’adulte. Alors que le feu qui vit en lui est celui du petit Marcel persécuté, traumatisé qui se bat contre ses démons par un humour contagieux.

Toute l’oeuvre de Gotilb est intimement liée à ses origines juives alors qu’il ne les revendique pas sciemment dans sa création. Il est intéressant de noter que cet humour n’était pas perçu comme juif, mais plutôt comme français, ce qui illustre parfaitement son universalité.

Gotlib est un exemple singulier d’intégration. Mieux, de fusion.Car il a conservé les racines de sa différence. Il est aussi une manière autre d’être juif en France, une façon très belle à mes yeux, une forme en voie de disparition à l’ère des replis communautaires. Il serait plutôt dans l’exhibitionnisme narcissique que dans l’enfermement sur soi. Tout en lui est ouverture sur le monde. Sa carrière et sa vie sont un exemple d’ intégration. Et c’est cette fusion qui fait la richesse de la France où tant de grands créateurs ont été des enfants issus de l’immigration. Il est l’expression de la France plurielle à laquelle nous devrions tous aspirer. L’exposition me paraît être un projet fédérateur par excellence.

L’exposer offre une rare opportunité de le redécouvrir, de le faire découvrir, de le lire ou le relire. A ses débuts la BD était une forme d’artisanat un peu ésotérique pour enfant et adolescents. Par lui elle a accédé à l’âge adulte, a acquis ses lettres de noblesse et gagné le statut de Neuvième Art.

Gotlib est un des créateurs qui m’a le plus marqué et influencé. Le lire chaque semaine dans les années d’adolescence a été une jubilation rare et m’a renforcé dans ma vocation et dans ma trajectoire professionnelle. Que le Musée d’Art de d’Histoire du Judaïsme lui rende hommage est justice historique.

En illustration, un case de Gotlib et une case de ma BD où je lui fais un clin d’oeil!

 

 

 

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Une très belle exposition pour ceux qui connaissent et aiment Tintin comme pour les autres et une découverte de la personnalité d’Hergé. Personnellement l’exposition ne m’a rien renouvelé mais j’ai été ému de voir tellement d’originaux au crayon, à l’encre et en couleur.
Un moment particulier d’émotion: je me suis retrouvé devant l’agrandissement d’une case de L’Etoile Mystérieuse, la même case qu’avait recopiée mon père en 1950. Hergé publiait l’Etoile Mystérieuse dans Le Soir en 1942, année de l’arrestation de mon père et de sa famille par la Gestapo.
Une petite lacune: dans la grande fresque murale qui présente les albums de Tintin traduits dans toutes les langues, manque l’hébreu.

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