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Pour Trump, Israel-Palestine est un grand Monopoly où se jettent les dés de l’histoire afin d’acheter les rues les plus chères pour y construire des hôtels et des malls et gagner beaucoup d’argent. On peut même y déménager les ambassades d’une ville à l’autre!
Pour Bibi, Israel-Palestine est un grand Monopoly qu’on peut occuper, sur lequel on peut construire, parfois détruire, on peut y répandre les pions de sa coalition, faire des déclarations puis les contredire.
A la fin il y a un gagnant et un perdant.
Mais dans la réalité, pour que la Paix soit atteinte, il doit y avoir deux gagnants!
bibi-trump-2017

Jiro Taniguchi vient de disparaître. Il était mon auteur de BD japonais préféré. Probablement le moins japonais de tous dans son style graphique et narratif très franco-belge qui n’a rien du manga tel que nous le connaissons. Son style d’un réalisme classique est en parfait accord avec la poésie de ses récits qui déroulent lentement leur fil en emportant le lecteur. Pour ceux qui ne connaissent pas son oeuvre je conseille de commencer par Quartier lointain.
Article paru sur Actuabd: http://www.actuabd.com/Jiro-Taniguchi-l-homme-qui-fit-aimer-les-mangas-aux-Francais
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A lire et à méditer!

REGARDS CROISÉS

DES « MÉDIAS » JUIFS DE LA HAINE ET DU REPLI

Mercredi 8 Février 2017 par Nicolas Zomersztajn
Publié dans Regards n°855
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Après avoir partagé sur sa page Facebook une caricature de Michel Kichka suggérant une responsabilité du gouvernement Netanyahou dans l’isolement diplomatique d’Israël, le rabbin Delphine Horvilleur a fait l’objet d’insultes et de commentaires haineux l’accusant de traitrise. Alain Granat, journaliste et fondateur de Jewpop, analyse avec elle ce climat de haine et de suspicion qui plane sur les communautés juives francophones.

Comment expliquez-vous qu’un simple post Facebook relayant le dessin d’un caricaturiste belgo-israélien suscite tant de réactions haineuses ?

Delphine Horvilleur Le problème dépasse le cadre du jugement de la politique du gouvernement israélien. Aujourd’hui, certains ne veulent plus laisser de l’espace aux voix alternatives au sein de la communauté juive. Quiconque ne partage pas la « doxa » de la communauté juive et s’exprime publiquement est alors virulemment attaqué. Nous sommes face à une parfaite illustration du communautarisme. Au départ, il s’agissait de dire que personne hors du groupe n’est fréquentable. Ce qui crée une terrible suspicion d’antisémitisme envers l’Autre. Aujourd’hui, ce communautarisme se retourne aussi au sein même du groupe contre tous ceux qui ont une parole critique et d’ouverture à l’Autre et qui deviennent à leur tour également infréquentables. Les arguments sont toujours les mêmes : nous nourrissons l’antisémitisme, nous renforçons la parole antisioniste, nous devons laver notre linge sale en famille, etc. Cela se décline de différentes manières et j’en ai fait les frais en partageant ce dessin de Michel Kichka caricaturant Netanyahou et l’isolement diplomatique d’Israël. Ce simple partage a suscité des centaines de commentaires très virulents, allant jusqu’à m’accuser de traitrise et de copinage avec les ennemis d’Israël. A ces attaques haineuses se sont ajoutés des insultes misogynes (« retourne à tes casseroles », « ta place est à la cuisine »).

Alain Granat Delphine Horvilleur a le profil idéal pour déchaîner les passions des gens qui ont réagi virulemment contre elle sur Facebook. C’est une femme, un rabbin, libéral de surcroît. Elle fait également partie des personnalités médiatiques du monde juif francophone très engagées sur des problématiques non consensuelles. Ce qui m’a interpellé dans les réactions virulentes à son égard réside non pas dans l’hostilité au message que Delphine Horvilleur faisait passer, mais dans leur caractère graveleux, sexiste, et dans cette manière de qualifier de « traître » tout Juif qui a le tort de se prononcer sur une question qui prête à débats. Ce qui peut faire rire en Israël est très mal vu par une majorité de la communauté juive francophone, pour qui toute critique de la politique du gouvernement israélien actuel relève de la trahison et de l’antisémitisme. Comme s’il était impossible d’avoir un débat serein sur toutes ces questions polémiques. C’est pourquoi nous avons décidé de revenir sur ce cas particulier mais représentatif sur Jewpop.

Est-ce un phénomène nouveau ?

A.G. Ce phénomène n’est pas neuf, mais il s’est amplifié sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années. On assiste à une radicalisation et à une droitisation d’une frange de la communauté juive, même s’il s’agit d’une tendance lourde qu’on retrouve partout. On a ainsi pu le voir avec le Brexit en Grande-Bretagne, l’élection de Trump aux Etats-Unis et l’inexistence médiatique et politique de la gauche israélienne. Il est intéressant d’observer que ceux qui passent leur temps à se déchaîner sur Facebook pour attaquer ou stigmatiser des personnalités juives progressistes sont surtout des seniors de plus de 50 ans. Non seulement les jeunes ont déserté Facebook pour se rabattre sur d’autres réseaux sociaux comme Instagram, Snapchat et Twitter, mais ils se fichent de tous ces débats qui ne les concernent pas.

Pensez-vous que ce climat haineux soit entretenu par des médias juifs ?

A.G. Oui, mais il faut encore se mettre d’accord sur la définition d’un média. Quand il s’agit de s’informer sur Israël, les sources d’une grande partie du monde juif francophone ne sont pas les journaux ni les magazines de la presse généraliste israélienne diffusée en anglais ou en hébreu, mais les « médias » juifs francophones. J’utilise des guillemets, car ce sont en réalité des blogs ou des sites internet d’opinion gérés par une personne et non pas des organes de presse. Les informations ne sont pas du tout sourcées et les animateurs de ces sites ne sont pas journalistes. A cet égard, l’affaire de la condamnation du soldat israélien ayant abattu un terroriste palestinien illustre parfaitement le problème posé par ces sites et ces blogs. Un groupe israélien d’extrême droite a diffusé un hoax(intox) selon lequel une des juges du tribunal militaire aurait une sœur convertie à l’islam militant en faveur des Palestiniens. Cette intox a été reprise par tous des sites juifs francophones pour exacerber la colère et la haine de leurs lecteurs. Cela a été ensuite massivement partagé sur Facebook, même si certains ont retiré cette fausse info de leur site internet sans la moindre explication quant à son caractère mensonger. Ce phénomène de désinformation est massif. Dès lors que ces sites internet sont majoritairement lus par la communauté juive francophone, il ne faut pas s’étonner qu’elle se radicalise et soit amenée à considérer comme traitre celui ou celle qui ne partage pas ses idées sur Israël et d’autres questions très sensibles qui agitent le monde juif.

Les dirigeants communautaires ont-ils une responsabilité dans cette « hystérisation » du débat au sein de la communauté juive ?

A.G. Sans verser dans la généralisation, il faut reconnaître que certains dirigeants communautaires se font les relais de ces sites d’opinion extrémistes. C’est un problème qui ne se pose pas uniquement lorsqu’il est question d’Israël et du conflit israélo-palestinien. Cela touche aussi les rapports avec les musulmans en Europe. C’est la raison pour laquelle ces sites et ces blogs suscitent de nombreux commentaires racistes. Et lorsque des responsables politiques israéliens viennent alimenter ces discussions en qualifiant notamment de « procès Dreyfus » une Conférence internationale sur la Paix au Proche-Orient organisée par la France, il ne faut pas s’étonner que les commentaires haineux augmentent considérablement.

Ce phénomène illustre-t-il un repli communautaire des Juifs ?

D.H. Comme il existe une défiance importante des Juifs francophones envers les médias généralistes et traditionnels, les blogs des uns et des autres sont devenus la source exclusive de leur information. Ce repli et ce divorce avec la nation les entraine même à divorcer de la vérité et des valeurs démocratiques et juives. En tant que rabbin, ces valeurs sont importantes pour nous d’un point de vue religieux. Si nous, Juifs, nous ne pouvons enseigner l’importance de l’amour du prochain, nous trahissons notre tradition religieuse. Tous ceux qui accusent untel ou untel de traitrise sont précisément ceux qui trahissent la richesse de notre histoire et notre culture.

A.G. On est certes face à un repli, mais il ne touche pas toute la communauté juive. Heureusement, les jeunes sont très peu présents dans ce type de débats. Ce qui est en réalité la bonne nouvelle. Non seulement ces excités des réseaux sociaux sont plutôt âgés, mais ils ne sont pas nombreux. Quand une manifestation contre la Conférence de Paris sur la Paix au Proche-Orient a été organisée aux abords de l’ambassade d’Israël, il n’y avait qu’un millier de personnes dont une immense majorité de seniors ! C’est symptomatique du désintérêt des jeunes pour ce type de militantisme et de positionnement idéologique. Beaucoup de jeunes Juifs se soucient peu de ce type de débats ou ne veulent pas se mêler à ces événements organisés par des institutions communautaires dans lesquelles ils ne se reconnaissent absolument pas.

Cela signifie-t-il qu’on se situe dans une remise en cause des valeurs juives ?

D.H. Oui. Ceux qui m’ont attaquée répètent inlassablement qu’il faut laver son linge sale en famille, soutenir inconditionnellement le gouvernement israélien et ne jamais le critiquer publiquement. Cette façon de penser va à l’encontre même de ce qu’il y a de plus cher dans notre tradition : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Ce principe du Lévitique n’est pas énoncé de cette manière. Le verset complet dit : « Tu seras capable d’adresser des reproches à ton prochain pour ne pas porter sa faute. Et alors, tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Ce qui est beaucoup plus fort et qui nous rapproche de la problématique qui nous préoccupe. L’amour du prochain n’est donc pas inconditionnel dans la tradition juive. Il est conditionné par la possibilité de lui adresser des reproches quand il commet une faute. Ce message est important et il faut impérativement le rappeler à l’intérieur même de la communauté juive. Les tenants du soutien inconditionnel qui mettent chaque fois en avant l’argument de la solidarité communautaire feraient bien de comprendre que l’amour des siens, que ce soit Israël ou les Juifs, dépend de la capacité d’autocritique au sein même de notre communauté. Comme sionistes, nous devons mettre en avant un élément essentiel : la critique du gouvernement actuel participe de notre sionisme et de notre attachement à Israël. C’est même au nom de cet engagement sioniste que je formule cette critique. Face à la dérive nationaliste et fanatique qui emporte une partie de la communauté juive, il va falloir rétablir la nécessité du désaccord et réhabiliter la valeur morale et religieuse de la mahloket (discussion contradictoire) et de la critique, dont nous, Juifs, sommes en principe les champions.

Alain Granatest journaliste et directeur de la publication de Jewpop, le site internet d’humour et politiquement incorrect consacré à la culture juive contemporaine. En 2015, il a publié avec Jonathan Demayo un essai humoristique sur l’identité juive : Comment savoir si vous êtes juif (éd. J’ai Lu).

Rabbin du Mouvement juif libéral de France, Delphine Horvilleur est également journaliste et directrice de la rédaction du magazine Tenou’a. Elle a publié en 2015Comment les rabbins font les enfants (éd. Grasset), une réflexion sur la transmission et l’identité dans laquelle elle montre que la tradition juive ne se renouvelle qu’en étant bousculée et nourrie par sa rencontre avec l’Autre.

Le 27 janvier dernier, la Municipalité de Bologne m’a invité à adresser un texte personnel à une assemblée spéciale composée d’élus locaux, de vétérans de la Seconde Guerre Mondiale, de simples citoyens et d’écoliers et de lycéens. J’ai livré mon texte en français traduit simultanément par une excellente interprète. Quatre jours auparavant l’exposition de mon roman graphique était inaugurée au Museo Ebraico di Bologna. Un grand moment d’émotion.
Voici mon texte.

Chers amis, chers tous,

En réalisant La Segunda Generazione, je voulais juste ouvrir une blessure familiale

qui faisait mal depuis très longtemps, la soigner puis la refermer d’une jolie

cicatrice en forme de bande dessinée. Je voulais le faire parce que j’en vais besoin,

besoin de mettre des mots et des images sur une vie qui était la mienne mais aussi

celle de tous les enfants des survivants. J’étais loin de m’imaginer que ce serait le

début d’une incroyable aventure au pays de la mémoire et de la résilience.

J’étais loin de m’imaginer que je serai aujourd’hui à la municipalité de Bologne et

au Musée Juif où mon livre serait exposé pour commémorer la journée mondiale de

la Shoah. Jeudi dernier j’étais au Mémorial de la Shoah de Paris où se tient une

grande exposition consacrée à la Shoah dans la bande dessinée. Plus les années

passent et plus cet art de narration figurative, longtemps considéré comme un

sous-genre de littérature populaire, devient un lieu privilégié du récit mémoriel.

Au moment où je vous parle, mon père qui aura 91 ans en Avril, est à Bruxelles, il

sait que je suis ici parmi vous, il est fier de l’honneur que vous me faites et heureux

que le plus fou de ses rêves dans les années noires de sa captivité dans les Camps

de la Mort, se soit réalisé: sortir vivant, fonder une famille et perpétrer le nom dont

il était le dernier porteur le 11 Avril 1945, jour de sa libération à Buchenwald. Ma

femme Olivia, nos trois fils David, Yonathan et Elie, nos belle-filles Iris et Edna et

nos trois petits-enfants, Emilie, Nina et Léonard qui sont en Israel et à Vancouver,

sont présents auprès de moi avec vous.

Commémorer c’est un peu arrêter le temps, se retourner sur le passé, mesurer ce

qui a été fait mais surtout ce qui reste à faire. C’est maintenir une flamme vive qui

ne doit pas s’éteindre. Il est beaucoup plus facile d’éteindre un feu que de l’allumer.

L’invention du feu a été avec celle de la roue, la plus révolutionnaire de l’histoire de

l’homme. Je porte une flamme en moi, elle guide mes pas dans ma vie d’homme, de

créateur et d’éducateur. C’est la flamme de la tolérance, de l’amour de l’homme et

de la paix. Des valeurs pour lesquelles ma femme m’a appris à me battre. Des

valeurs porteuses d’espoir et d’avenir.

Etre ici aujourd’hui n’est pas anodin. L’Italie a une place particulière dans ma

biographie. Je vais vous l’expliquer.

L’Italie est le pays par lequel mon beau-père, Joseph Alfandari, né à Salonique en

1923, a participé à la reconquête alliée de l’Europe nazie. Il a quitté Paris pour fuir

les arrestations de la Milice et de la Gestapo, afin de rejoindre l’unité grecque de

l’Armée Britannique en Afrique du Nord, a été arrêté par la police franquiste et jeté

en prison à Miranda d’où il est parvenu à s’évader pour traverser la Méditierrannée à

Gibraltar et s’engager dans la RFA comme photographe aérien. Il a photographié

l’Italie du ciel pour préparer le débarquement.

L’Italie est le point de départ de mon premier voyage en Israel. En été 1969, à l’âge

de 15 ans, je suis parti découvrir Israel et travailler dans un kibboutz avec le

mouvement de jeunesse juive socialiste Hachomer Hatzaïr, la Jeune Garde. Dans le

but de nous faire découvrir le pays à partir de la Méditerrannée, comme les

passagers de l’Exodus, nous avons pris le bateau à Venise.

L’Italie est pour moi « Si c’est un homme », le chef-d’oeuvre de Primo Levi écrit

immédiatement après la libération, qui m’a bouleversé et n’a connu le succès qu’il

méritait que quarante ans plus tard. Sans parler de son suicide, sa mort choisie au

summum de sa gloire.

L’Italie c’est aussi « La Vitta e bella » de Roberto Benigni, ce film touchant couronné

d’un oscar mérité. Il y traite la Shoah, le nazisme et le fascisme avec un humour

courageux et libérateur. Mon appartenance à la Deuxième Génération me l’a fait

particulièrement apprécier. Mon père n’a pas aimé. Trop de souffrance lui

empêchant de prendre le recul nécessaire. D’une manière générale les survivants

n’aiment pas les oeuvres de fiction qui parlent des camps. Ils préfèrent les

témoignages et les documentaires.

L’Italie c’est aussi les aventures de Max Fridman, « Rhapsodie hongroise  » et « La Porte

d’Orient », racontées et dessinées avec brio par la plume virtuose de mon ami

Vittorio Giardino, auteur de Bologne, mondialement acclamé. Il y fait revivre une

période de Histoire qui me parle parce qu’elle me touche de près. Elle devrait tous

nous toucher puisqu’elle parle de l’Europe d’hier, une période de l’histoire dont

nous vivons les conséquences aujourd’hui et dont nous aurions dû avoir tiré les

leçons. L’avons-nous fait?

L’Italie c’est aussi Rizzolli qui a mis ma petite histoire à la portée des lecteurs du

beau pays en forme de botte. Le lecteur italien peut accéder à ma petite histoire

personnelle qui s’inscrit dans la grande Histoire en racontant la vie d’une petite

famille juive parmi tant d’autres, après la guerre, après la solution presque finale,

avec mes petits cauchemars, avec la soupe qui était meilleure à la maison qu’à

Auschwitz, avec mon père qui seul avait le droit de roter à table car le régime des

camps lui avait donné des ulcères à l’estomac, avec mes résultats scolaires qui

devaient toujours être les meilleurs pour que mon père ait sa vengeance sur Hitler.

Et l’Italie est aussi pour moi Claudio Curcio, directeur du Comicon de Napoli où il

m’a invité à présenter mon livre en 2015, à quelques pas du Vésuve. Et là c’est moi

qui fut en éruption.

Plus de 25 ans après Maus, la bande dessinée prend le relai des témoignages des

survivants et des analyses des historiens et s’empare de ce thème si délicat et

presque sacré pour le mettre à la portée de tous, jeunes et moins jeunes, par le

biais de la fiction et de l’humour, vecteurs avérés de la pédagogie et de l’éducation.

Mon histoire n’a ni de héros ni de super-héros. A part mon père, victime de la

Shoah qui finalement devient héros en retrouvant la parole. Il a à son actif plus de

500 témoignages dans les écoles de Belgique et plus de 40 voyages à Auschwitz-

Birkenau avec des lycéens, mon père qui était sorti brisé des camps de la mort s’est

reconstruit par la parole. Ses témoignages sont devenus sa raison d’être.

Nous vivons une période tendue et instable où la terreur veut dicter les politiques,

où la facho-sphère envahit la toile, où le négationnisme et le révisionnisme

essayent de réécrire l’histoire, où des réseaux sociaux de propagande se déguisent

en sites d’information et où des idées nauséabondes du siècle dernier qu’on croyait

révolues refont surface. Il est plus que jamais crucial d’étudier, de connaître, de

reconnaître, de favoriser le savoir. Quand l’ignorance pousse comme de la mauvaise

herbe sur une terre arrosée de haine on ne récolte que de la violence.

Depuis dix ans je suis membre actif de Cartooning for Peace, une association

internationale fondée par mon ami Plantu, caricaturiste du journal Le Monde. Il a

une jolie phrase que j’aime bien reprendre: avec nos petits crayons nous essayons

de construire des ponts entre les peuples. Je compte parmi mes collègues des

dessinateurs du monde entier, de pays que je ne connais pas ou peu, des créateurs

de cultures et de croyances différentes. Dessiner et débattre avec eux m’enrichit

chaque jour un peu plus, m’ouvre sur le monde et sur l’Homme. Ils sont devenus de

vrais amis, pas juste sur facebook. Tous sont comme moi des combattants de la

paix et de la fraternité et ils sont européens, africains, américains, asiatiques,

chrétiens, juifs, musulmans ou agnostiques. Par delà nos différences, ce qui nous

rassemble et nous porte est notre croyance commune et indéfectible: tous, nous

croyons en l’homme et en la vie.

L’aventure de mon livre qui a commencé longtemps avant sa conception, ne s’est

pas arrêtée au moment de sa parution. Elle se prolonge dans le temps, d’année en

année, de traduction en traduction, de rencontre en rencontre. A première lecture

mon père a été choqué, ne comprenant pas pourquoi j’avais eu besoin d’étaler au

grand jour notre vie familiale. Au fil des années, depuis sa publication en Mars

2012, le livre a fait son chemin entre lui et moi et nous a rapproché. Quand j’étais

gosse à la maison, il ne nous parlait pas, à Khana, Irène, Charly et moi, pour nous

protéger. Et je ne lui posais pas de questions pour ne pas l’attrister, lui qui avait

tant souffert. Le non-dit était notre mode de communication. Le silence notre

protection. Une protection bien illusoire.

Le livre de mon père, « Une adolescence perdue dans la nuits des camps » paru en

2004 n’a pas véritablement ouvert une page nouvelle dans notre relationnel. Certes,

j’étais content pour lui qu’il l’ait écrit et content qu’il existe, car un livre est un objet

qui s’inscrit dans la durée, que l’on peut lire et relire, ouvrir et refermer, poser sur

une table, ranger dans une bibliothèque, offrir ou emprunter. Mais pour mon père

c’était devenu le seul sujet de conversation possible, il ne parlait plus que de ça et

n’écoutait que lui-même, répéter inlassablement son histoire, comme une litanie.

Nous l’écoutions mais il ne nous entendait pas. Mon livre l’a obligé à m’écouter, et à

travers moi mes frère et soeurs. A se rendre compte que son silence ne nous avait

pas protégé et qu’il n’était pas le seul à avoir souffert. Et Charly plus que les autres.

Aujourd’hui, quand il part témoigner dans les écoles et à Auschwitz-Birkenau, il

emmène avec lui son livre mais aussi le mien. Preuve que finalement il y a eu

transmission, qu’il a réussi son travail de mémoire. Il sait que l’oeuvre de sa vie

continuera le jour où il disparaitra. Que mon livre est la prolongation du sien. Que

le travail de la première génération est prolongé par celui de la seconde, qui est

prolongé par celui de la troisième, puis de la quatrième.

En cette journée mondiale de commémoration de la Shoah, c’est la conclusion la

plus belle que je puisse tirer.

Michel Kichka
segunda-generazione

Le CCLJ qui s’y connait en colombes, a invité Samy Cohen à venir présenter son enquête sur le Camp de la Paix en Israel (Samy Cohen, Israël et ses colombes. Enquête sur le camp de la paix, Gallimard), ce camp aujourd’hui minoritaire et auquel j’appartiens.
Voici deux liens et le dessin de couverture que j’ai réalisé pour Regards, le mensuel du CCLJ.
http://www.cclj.be/node/9880
http://www.cclj.be/actu/israel/samy-cohen-israel-aime-plus-pacifistes

 

colombec-regards

La sécurité de Mona Lisa est assurée! Actuellement les médias se posent la question: comment faire la distinction entre un terroriste et un désaxé?
Deux voies de réponse possibles.
Premièrement, pour ce qui est des résultats du passage à l’acte, aucune différence. Deuxièmement: aux yeux d’un être sain d’esprit, un terroriste n’est-il pas logiquement un malade, un désaxé?
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Photo prise par mon fils Elie le lendemain des attentats du Bataclan.
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Trump victime d’une très forte fièvre, la décrétite aiguë, accompagnée d’une diahrrée carabinée, la signatite aiguë. C’est la seule explication que les spécialistes de médecine interne ont pu donner à cette déferlante spasmodique qui a attaqué le nouveau locataire de la Maison Blanche. L’éminent psy que j’ai consulté me prie de ne pas publier son diagnostique pour le moment. J’ai juste le droit de vous dire que le cas est très grave.
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