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Les couvertures de Sempé pour le New Yorker sont peut-être moins connues du public francophone. Les nombreuses illustrations qu’il a réalisées pour la Une du magazine qui met cet art à l’honneur depuis sa création, sont des pures perles, des histoires sans paroles. Je pense que Sempé était le seul à voir New York telle qu’il la voyait et sa façon de nous la raconter est une exercice de storytelling de haute maîtrise, un enchantement, dessiné avec une liberté de ton, une richesse de couleurs et un sens de la composition qui m’époustoufle tant que je vous en mets 24 en ligne. Pourquoi 24? Parce qu’il a bien fallu que je m’arrête et que vous pouvez découvrir les autres sur Google.

Mort de Sempé

Sempé vient de quitter ce monde. Un monde qu’il a inlassablement dessiné pendant six décennies avec sa tendre amertume, sa mélancolie assumée et sa fausse naïveté. Il a couché le petit monde qui l’entourait sur le divan de papier de son atelier parisien, l’a caressé de son pinceau virtuose, l’a mis à nu avec pudeur. Chez Sempé les moments les plus insignifiants du quotidien sont de la pure poésie. Tous ses petits personnages sont des Sempé par procuration, leur regard sur la vie est le sien.
Il ne se contentait pas d’observer le monde. Il le scannnait de son regard clair et pénétrant, le dessinait
avec un certain recul. C’était sa façon de s’en protéger. Tous ses dessins forment l’immense fresque de nos vies, de nos rêves, de nos frustrations, de nos petits moments de bonheur, de nos petites réussites, de nos petits ratés, de nos passions, de nos complexes.
Son style graphique est unique. Minimaliste, délicat, élégant, sensible, frais, vibrant. Le style Sempé a quelque chose de très français dans la liberté de son approche, un style propre à toute une génération d’illustrateurs parmi lesquels André François, Chaval, Bosc, Ungerer, Folon, pour ne citer qu’eux. Le seul illustrateur américain que fasse partie de cette belle famille était l’immense Saul Steinberg. Ils sont les représentants de la ligne au service de l’idée. Une façon de faire qui n’a pas fait école aux Etats Unis par exemple, où le formalisme académique et la maîtrise technique ont trop pesé sur le métier. Ce n’est pas qu’une question de goût, et j’exprime ici le mien, mais une question de mentalité, d’esprit, de philosophie.
J’ai découvert Sempé quand j’étais gosse et l’ai suivi depuis fidèlement. Aujourd’hui on dirait que je suis un follower! Je suis un admirateur inconditionnel, je plaide coupable! En terminale j’ai reçu un prix spécial pour le journal que j’avais créé dans mon lycée: un album de Sempé dont je ne me suis jamais séparé. J’ai relaté cet épisode dans mon livre « Deuxième Génération ».

Sempé est la preuve irréfutable qu’un petit crayon d’écolier est une baguette magique entre ses mains.
Il part en laissant une empreinte indélébile dans le monde de l’illustration et de l’humour et dans mon coeur.

Je remets en ligne ce dessin réalisé en 2007 quand Salman Rushdie avait été élevé au rang de Chevalier par la Reine Elizabeth. À l’époque je me moquais des intégristes qui avaient lancé une fatwa additionnée d’une prime conséquente contre l’écrivain. Un arrête de mort, ni plus ni moins. Je trouvais le dessin rigolo et cet islamiste qui courait sabre à la main, ridicule. Le dessin est, il faut le reconnaître, moins marrant à la lumière des événements de cette journée. Les intégristes n’en sont pas moins ridicules. Ils ne nous convertiront pas ni ne nous intimideront par le sabre.

Nancy Pelosi à Taïwan : Pékin accroît ses menaces.

Al-Zawahiri a fini par subir le même sort que son prédécesseur Ben Laden, ancien chef d’Al-Qaida, un mouvement terroriste islamiste djihadiste radical redoutable qui planifia et perpétra les attentats du 11 septembre 2001 aux USA. Le terrible attentat contre les Twins à New York a servi d’inspiration à la vague, ou plutôt au tsunami de terreur sanguinaire, qui secoue notre planète sous différents noms et sous différentes formes. La liquidation d’Al-Zawahiri, comme celle de Ben Laden, ne parvient malheureusement pas à éradiquer « l’idéologie » maladive qui les anime.

Visite présidentielle de Biden à Jérusalem, drapeaux américains partout, ville hyper sécurisée, tension maximale, expectatives minimales, axes principaux fermés et bouchons.

Ganz et Saar

Le Centre et la Droite modérée, un nouveau duo qui tente de s’accorder.

Tour de France, le virus rejoint la tête du peloton!

Shinzo Abe, ancien Premier Ministre du japon, victime d’un assassinat politique.
Partout dans le monde les démocraties libérales sont la cible des extrémistes, en paroles et en actes.

Les 16 et 17 Juillet marqueront les 80 ans de la Rafle du Vel d’Hiv. Une exposition événement s’est ouverte au Mémorial de la Shoah à Paris le 1er Juillet: les illustrations que Cabu a réalisées en 1967 pour un article qui racontait la rafle pour la première fois. Ces dessins n’ont jamais été exposés. Un article de Didier Pasamonik sur Actuabd.com raconte: https://www.actuabd.com/Cabu-au-Memorial-de-la-Shoah-de-Paris
Je suis doublement touché par cette exposition.
D’abord parce que j’adorais Cabu et son travail. Son assassinat m’a laissé un peu orphelin d’un artiste qui a beaucoup compté pour moi. Un homme d’un talent immense et d’une gentillesse extrême que j’ai eu la chance de connaître. Un maître, une référence incontournable pour plusieurs générations de dessinateurs de presse engagés. Mordant et tendre, un dessinateur pour qui la liberté d’expression faisait sens et qui n’avait peur de rien. Un de ceux qui ont défini ce qu’on appelle « la ligne rouge » à ne soit-disant pas dépasser et qu’il dépassait avec brio semaine après semaine dans Charlie Hebdo et dans le Canard Enchaîné.
Je suis touché de découvrir les illustrations puissantes et évocatrices du jeune Cabu qui s’attaque de front à un des tabous de l’Histoire moderne de France. L’illustration qui figure en couverture du livre qui accompagne l’exposition est un bel exemple de la profondeur de son regard et de sa très grande sensibilité. Une illustration tellement évocatrice, tellement forte et tellement parfaitement construite en composition et en contrastes. Impossible de ne pas se mettre à la place de la petite fille qui serre sa poupée contre son étoile jaune cousue sur la poitrine dans l’ombre de la porte cochère et qui échappera peut-être à la police française de Vichy qui arrête probablement ses parents dans l’immeuble d’en face. Le tout mis en scène dans un style graphique virtuose d’une grande liberté.
Merci Cabu et merci à sa veuve qui a permis au Mémorial d’exposer au grand jour ces incroyables illustrations oubliées!

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