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Aujourd’hui 29 Mars, c’est Pessah. La Pâques juive qui sera célébrée dans toutes les familles juives du monde. Une belle tradition que j’apprécie particulièrement.
La Pâques elle sera célébrée dans le monde chrétien le 1er Avril.
Alors joyeuse fête à tous!
Pessah mi yodea

Voici l’éditorial intégral de Laurent Joffrin publié aujourd’hui sur le site de Libé.
Tout est dit.
Rien à redire.

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Pour les juifs

Il faut revenir sur la manifestation de mercredi qui a témoigné d’un sursaut de solidarité envers les Français juifs victimes d’agressions ou de crimes. Les incidents qui l’ont troublée ne doivent pas masquer le véritable enjeu, qui va au-delà du cas dramatique de Mireille Knoll. C’est un fait établi que les juifs français sont l’objet d’une résurgence de racisme et d’intolérance très particulière, qui pose de redoutables questions, non seulement à eux mais à tout républicain.

Onze d’entre eux en dix ans ont été tués pour la simple raison qu’ils étaient juifs. Quel groupe, quelle communauté, même si on n’aime pas le mot, a subi un sort comparable ? A notre connaissance, aucune. A cela s’ajoute le harcèlement quotidien dont sont souvent victimes ces familles, à l’école, dans la rue, dans les transports. Beaucoup d’entre elles retirent leurs enfants de l’école publique par crainte de les voir agressés ; depuis les crimes sanglants de Mohammed Merah, les écoles confessionnelles ont perdu leur statut de sanctuaire.

Marc Knobel, directeur des études du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), évalue à 60 000 le nombre de juifs qui ont quitté la France en dix ans. C’est-à-dire environ 10 % des Français juifs, proportion considérable. On peut chipoter sur les chiffres ou remarquer qu’une partie d’entre eux ne s’exilent pas pour des raisons de sécurité mais pour effectuer leur alya, le retour vers la Terre promise. Cela ne change rien au fait qu’il est humiliant, angoissant, pour la République, de constater qu’une partie de ses enfants, qui en sont une composante depuis tant de générations, n’ont plus confiance en elle. On dresse parfois un parallèle entre les agressions dont sont victimes les juifs et celles qui visent les musulmans, tout aussi condamnables évidemment, et dont le nombre est comparable. Mais c’est un effet d’optique. Les Français juifs sont environ dix fois moins nombreux que les Français musulmans. Les premiers sont donc dix fois plus exposés que les seconds. A cela s’ajoute le fait qu’une grande partie des meurtres sont le fait de terroristes islamistes et qu’un antisémitisme nouveau, alimenté par les obsessions des intégristes musulmans et les réactions liées au conflit israélo-palestinien, se développe depuis de longues années. Il existe toujours un antisémitisme venu de l’extrême droite comme en témoigne le succès des vidéos postées régulièrement par Alain Soral, ou l’affluence qu’on observe aux spectacles de Dieudonné ou encore les dérapages de certains membres du Front national. Mais de toute évidence, nous sommes désormais sur deux fronts et non plus un seul.

A LIRE AUSSI La boulette du Crif

Jusqu’à mercredi, les Français juifs avaient le sentiment de tout cela se déroulait dans une relative indifférence. Les choses commencent à changer. Il faudra aller nettement plus loin. Le 5 janvier 1895, assistant à la dégradation du capitaine Dreyfus – dans cette cour des Invalides où l’on rendait, mercredi, un hommage émouvant au colonel Beltrame – Theodor Herzl se dit que si, même en France, on pouvait assister à une telle iniquité, il ne pouvait y avoir de refuge nulle part pour les juifs, sinon dans un foyer national qui leur serait propre. Cette réflexion fut à l’origine du mouvement sioniste. Pourtant, dans les années 20 et 30, beaucoup de juifs d’Europe de l’est s’installèrent en France en se disant qu’un pays capable de se déchirer dix ans autour du sort d’un seul juif, Dreyfus, pour l’innocenter in fine et le réhabiliter solennellement, serait malgré tout une terre d’accueil. Il faut se souvenir de cette histoire. Il y a dans ce double rappel un motif de crainte mais aussi des raisons d’espérer.

LAURENT JOFFRIN

Ce dessin de mon ami Rousso n’est pas l’illustration de cet édito. Il l’a créé avant hier en réaction aux événements. Mais je trouve qu’il colle assez bien au texte.
Rousso

Delphine Horvilleur, femme rabbin du Mouvement Libéral Juif de France, a écrit:
Je rêve d’une France qui sait qu’on a assassiné sa grand-mère…et pas juste la « mienne ». Une nation qui se lève face à l’horreur, et ne présente pas ses condoléances à une « communauté ».
#MaFranceAvaitUneGrandMere

Delphine Horvilleur

 

Mireille Knoll

Je ne parviens pas à comprendre comment un être humain peut être capable d’assasiner de sang froid un autre être humain. Et encore moins quand la victime est une octogénaire rescapée de la Shoah, lardée de coups de couteaux avant d’être brûlée dans son HLM. Une personne capable d’un tel acte peut-elle encore être considérée comme humaine? Je pose la question car je ne peux pas la qualifier d’animal par exemple. Les animaux tuant pour se défendre ou se nourrir. Là je suis non seulement perdu mais en plus il faut que je réagisse dans un dessin. Si mon dessin vous choque, reconnaissez qu’il sera toujours moins choquant que le crime commis lui-même.
Mireille Knoll

 

Le Centre de la Presse de Jérusalem (JPC) a initié un concours de caricatures s’adressant aux lycéens d’Israel, juifs et arabes, en janvier 2016, afin de commémorer par un acte fort le massacre de Charlie Hebdo. La thématique générale du concours est la liberté d’expression sous l’intitulé « Cartoon Criticism Care« . Trois boules avec lesquelles chaque dessinateur doit savoir jongler quand il crée son dessin. Chaque année un thème spécifique est donné. La qualité des dessins envoyés est surprenante ainsi que leur pertinence et leur maturité.
Un jury professionnel attribue des prix qui sont remis lors d’une cérémonie qui se tient à Mishkenot Shaananim à Jérusalem en présence des lauréats et de leurs familles.
Les organisateurs ont décidé de rendre ce concours international et de créer ainsi un grand espace de dialogue entre jeunes du monde entier dans un esprit de critique, de liberté et d’humour. La pédagogie est devenue un instrument de plus en plus important dans notre siècle tourmenté qui a besoin d’espoir pour l’avenir. Ces jeunes dessinatrices et dessinateurs sont porteurs de cet espoir.
Une telle ambition exige un budget. En tant que président du jury je vous invite à voir ce lien et à le partager.
https://www.indiegogo.com/projects/cartoon-criticism-care-competition-lets-go-global-art-education#/

JPC 2019

C’est beau de voir tous ces jeunes américains, lycéens et étudiants manifester par centaines de milliers dans les villes d’Amérique et d’ailleurs contre les violences provenant de la vente libre des armes à feu aux USA. Feront-ils courber l’échine à la terrible NRA, la National Rifle Association, pour laquelle le pays n’est pas encore sorti de sa période Far West et qu’aucun président n’a encore osé affronter? Chapeau à cette belle jeunesse où on a pu voir la petite-fille deMartin Luther King prenant le relai de son grand-père, le temps d’une brève prise de parole publique. Elle aussi a un rêve. Tous nous avons un rêve. Et certains s’évertuent à vouloir nous faire vivre des cauchemars.
March for our lives

Le 15 Mars dernier a eu lieu au Cinéma Galeries à Bruxelles, la première du film documentaire « Kichka, Life is a Cartoon »,  une coproduction germano-polonaise réalisée par Delfina Jalowik, commissaire des expositions du Musée d’Art Contemporain de Cracovie et produit par Jürgen Kaumkötter, commissaire des expositions du Centre des Arts Persécutés de Solingen. La première était organisée avec le soutien de l’Ambassade d’Allemagne en Belgique. Le film mesure en quelque sorte l’itinéraire parcouru par mon livre « Deuxième Génération » depuis sa publication en 2012. L’équipe du tournage m’a suivi pendant deux ans et le film est fait d’interviews et de dialogues avec mon père et les personnes liées de près au livre et à son sujet. Parmi eux Gisèle de Haan mon éditrice chez Dargaud, Véra Belmont qui adapte le livre à l’écran en dessin animé, Didier Pasamonik le commissaire de l’exposition « Shoah et bande dessinée » au Mémorial de la Shoah à Paris, Nathalie Zajde de l’Université Paris VIII spécialisée dans l’étude et la thérapie de la Deuxième Génération, Serge et Beate Klarsfeld grands historiens de la Shoah, Plantu dessinateur de presse du journal Le Monde et fondateur de Cartooning for Peace, et bien entendu ma famille dont ma soeur Irène, mes fils, etc. Le film est enrichi de photos d’archives, d’images issues de mon livre et le tournage s’est déroulé entre Israel, la Belgique, la France et la Pologne.
Le résultat est un documentaire de 75 minutes d’une grande sobriété et d’une profonde vérité où tout est mis à nu. Un complément au livre qui illustre à quel point la libération de la parole a été un facteur crucial du processus de résilience.
D’autres premières suivront dans le courant de l’année à Paris, Cracovie, Solingen et Jérusalem. Je donnerai les dates dans mon blog.
Mon père présent à la première a déclaré que ce fut pour lui un des trois jours les plus importants de sa vie (il célèbrera ses 92 ans le mois prochain), avec le jour de sa naissance et le jour de sa libération de Buchenwald, le 11 Avril 1945.
Un énorme merci à Delfina et Jürgen pour ce superbe cadeau
Liens et affiche
https://www.facebook.com/events/1805252736161809/ 
http://www.imdb.com/title/tt8126484/
Kichka life cartoon

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