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Adieu, Noah

Voici ce que mon ami et collègue Ouri Fink a mis hier en ligne sur ses réseaux sociaux. On peut y voir les photos de tous les otages israéliens retenus par le Hamas et le Djihad à Gaza depuis 41 jours. Ces photos sont placardées sur les murs de toutes les villes d’Israel ainsi que sur des immeubles publics et le fronton des mairies. Elle sont aussi présentes lors des marches et des manifestations pro-israéliennes dans le monde. Les familles des otages font actuellement cinq jours de marche de Tel Aviv à Jérusalem afin d’appeler le gouvernement de tout faire en priorité pour les libérer.
Sur ce travail d’Ouri, la photo manquante qui s’envole en laissant un vide est celle de sa cousine Noah Martsiano, soldate de 19 ans, dont la mort avant-hier en captivité a été annoncée par le Hamas. En bas à droite est écrit en hébreu « Adieu Noah ». Ouri est président de notre association des dessinateurs de presse, un partisan de la paix très engagé.

Il y a deux Gaza. La terrestre et la sous terre. L’hôpital Al-Shifa n’échappe pas à la règle. Hôpital en surface il est un arsenal d’armes sous-terrain, un refuge de terroristes et il est fort probable que des otages israéliens y aient été retenus avant l’offensive de Tsahal. Une ramification impressionnante de tunnels quadrille la ville et multiplie sa surface. Gaza serait-elle un iceberg dont seule la partie émergée serait visible?

Vivian Sliver a dédié sa vie à la Paix, à la création de l’ONG israelo-palestineinne « les Femmes font la Paix », elle a cru jusqu’à son dernier souffle à la possibilité de construire un avenir où israéliens et palestiniens vivraient côte à côte en bonne entente. Elle a été assassinée le 7 octobre à l’âge de 74 ans dans son kibboutz Beeri par un terroriste du Hamas.
Colette Avital. ancienne députée travailliste à la Knesset, diplomate et ambassadrice, lui rend hommage dans ce beau texte auquel je joins le dessin que j’ai réalisé en entendant la triste nouvelle ce matin. Je ne connaissais pas Vivian mais je m’identifie totalement à son « combat » pacifiste.

Al-Shifa, Gaza. En surface un hôpital. En sous-sol un refuge de terroristes du Hamas et un arsenal d’armement et de roquettes lancées sur les villes d’Israel depuis l’hôpital. Et la cerise sur la gâteau, la population civile des gazaouis, les malades, les blessés, le personnel médical et les aide-soignants comme bouclier humain.

Dans le massacre barbare que le Hamas a perpétré dans le sud d’Israel le 7 Octobre, 1400 personnes ont été assassinées dont 250 jeunes qui participaient dans la joie et l’allégresse à un festival de musique pour la paix, assassinés et brûlés sans pitié, ou enlevés et pris comme otages à Gaza.
La guerre contre le Hamas qui en est à son 38 ème jour ne m’empêche pas de me souvenir de mon effroi et de ma profonde douleur le 13 Novembre 2015 quand des terroristes islamistes ont massacré sans pitié 130 fans de Eagle of Death Metal au Bataclan. Sans parler des autres victimes dans les cafés et les restaurants. Ni des blessés. Et ce quelques mois après Charlie Hebdo et Hyper Cacher.
On peut se battre contre le terrorisme. Pas contre l’idéologie que l’a fait naître.

Ce slogan est devenu le mot d’ordre des familles des 239 otages israéliens retenus à Gaza par le Hamas. Il y a parmi eux toutes les tranches d’âges, y compris des enfants dont un bébé de dix mois et des octogénaires. Leurs familles et une quantité impressionnante de citoyens font tout pour que leur libération soit la priorité du gouvernement israélien. C’est un crime de guerre. Jusqu’à ce jour, après 38 jours de captivité nous sommes sans aucune nouvelle de leur état, de leurs conditions de détention au niveau sanitaire, nutritif, hygiénique, psychologique. La Croix Rouge est impuissante, les Hamas se sert d’eux comme levier de pression, leur sort est enfoui dans les profondeurs des sous-terrains où se cachent les dirigeants du bras armé des terroristes du Hamas.
Une des initiatives prises en Israel est un lâché de ballons chaque soir sur l’esplanade du musée de Tel Aviv où est dressée une grande table de Chabbat avec 239 couverts qui symbolise la douleur du vide ressenti par les familles chaque vendredi soir. Mais aussi chaque jour, chaque heure, chaque minute. La place a été renommée « Place des Otages », les familles y ont dressé un véritable campement qu’ils quitteront quand les leurs seront libérés. Des milliers d’israéliens les entourent et chaque soirée est ponctuée de discours de soutien et de chansons interprétées par des chanteurs et des chanteuses populaires.
Sur l’esplanade du Théâtre National Habima et de l’auditorium de l’orchestre philharmonique sont installés côte à côte 239 lits, lits de bébés, d’enfants et d’adultes, avec draps, couvertures et objets divers, pour symboliser le vide que les otages laissent dans les foyers comme dans les coeurs.
Le ballon symbolise la légèreté, la liberté, la naïveté, l’enfance, la joie, la fête…

La marche contre l’antisémitisme qui a été suivie hier par une foule très nombreuse à Paris et dans beaucoup de villes de France m’a fait penser au film « Ils sont partout » réalisé par Yvan Attal en 2016. Un film à sketches qui est une parodie souvent très culottée des stéréotypes et idées reçues sur les juifs. Le film n’a pas remporté le succès escompté en salle. L’antisémitisme remplit les rues, pas les salles. Le film était porté par des acteurs formidables comme Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Dany Boon, Charlotte Gainsbourg, Grégory Gadebois, Denis Podalydès, Gilles Lellouche, François Damiens et Yvan Attal. Le titre du film est une parodie de l’hebdomadaire antisémite « Je suis partout » publié de 1930 à 1944 par Arthème Fayard.
J’avais travaillé sur un projet d’affiche pour le film où je dessinais Attal assis dans un fauteuil, tenant le monde entre les mains, menacé de toutes parts par des araignées et des serpents à l’image des caricatures antisémites publiées dans le Der Stürmer sous l’Allemagne nazie ou dans la presse française collaborationniste sous l’Occupation.
Ce dessin n’ayant pas été retenu pour le film, je le publie ici pour la première fois.

Une formidable initiative mise sur pied par Michael Katz directeur d’école de cuisine Attilio et notre fils David qui préside l’Association israélienne pour la culture culinaire. Regardez ce beau reportage réalisé par Euronews.
https://fr.euronews.com/video/2023/11/10/des-chefs-cuisiniers-apportent-du-reconfort-aux-victimes-du-hamas
Cela fait cinq semaines que des centaines de bénévoles s’investissent corps et âme dans ce travail.
Voir mon post du 17 Octobre: https://fr.kichka.com/2023/10/17/israel-et-sa-merveilleuse-societe-civile/

Il faut que la manifestation de dimanche soit suivie par tous les français. Si ce n’est pas le cas, la manifestation n’aura que très peu de valeur…et de valeurs! Les juifs de France sont français avant tout. Les antisémites attaquent la France entière qu’ils renient et trahissent.

Beeri est un des kibboutzim les plus durement frappés par les massacres du 7 octobre, 85 de ses membres ont été assassinés, 26 ont été pris en otage par le Hamas à Gaza et 4 sont encore à ce jour portés disparus. Soit dix pour cent de sa population. Une véritable hécatombe.
Le kibboutz a été fondé deux ans avant la création de l’état par des pionniers socialistes et idéalistes et est devenu un kibboutz économiquement et socialement fort et prospère. Il possède une des imprimeries les plus modernes et performantes du pays.
https://en.wikipedia.org/wiki/Be%27eri
J’y ai un ami, graphiste talentueux, dont la famille enfermée pendant plus de 20 heures dans son abri, a été épargnée. Les maisons des voisins n’ont pas eu cette chance, elles ont été mises à feu et à sang et les survivants pris en otage.
Une des particularités du kibbutz est qu’en Janvier ses champs se couvrent de tapis infinis de coquelicots rouges que des dizaines de milliers d’israéliens viennent photographier en famille. C’est cette image que j’ai voulu fixer dans mon illustration car elle représente pour moi le kibboutz d’avant le Chabbat Noir du 7 Octobre.
Sur la droite la première maison de bois érigée par les pionniers en 1946, sur la gauche le poste de résistance lors de l’offensive égyptienne pendant le guerre d’Indépendance en 1948.

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