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Dessin qui vaut mieux qu’un long discours.

Le petit Kfir Bibas, appelé « le petit rouquin » aurait dû célébrer son anniversaire d’un an dans la joie en famille dans son kibboutz de Nir Oz. Pris en otage par les terroristes du Hamas avec sa famille le 7 Octobre, c’est dans les sombres tunnels sous-terrains de Gaza qu’il se trouve depuis 103 jours . Est-il encore en vie? Est-il auprès de sa mère? Avec Ariel son frère âgé de 4 ans? Où es son père? Que reçoit-il à manger? Voit-il la lumière du jour, la couleur du ciel, le soleil, les nuages, la pluie? Entend-il le chant des oiseaux? Sa mère a-t-elle le droit de lui chanter des berceuses? Pleure-t-il beaucoup? A-t-il des vêtements de rechange? Où dort-il et sur quoi? A-t-il des draps de rechange? Où le lave-t-on? Qu’est ce qui se passe dans sa petite tête rousse? Quand sa famille et lui seront-ils libérés?
La guerre a des lois nmais malheureusement la terreur n’en a pas.
Des milliers de citoyens et de membres des familles des otages, ceux encore retenus à Gaza comme ceux qui ont été libérés, se sont réunis aujourd’hui à Tel Aviv pour marquer son anniversaire, souffler sa première bougie en exigeant que tous les otages soient libérés. Une préoccupation qui ne semble pas être la priorité de Bibi et de son gouvernement.

Sur l’esplanade du Musée de Tel Aviv, nouvellement appelée « Place des Otages », des dizaines de milliers d’israéliens réclament pendant 24 heures la libération des otages maintenant et à tout prix. Car il est clair que chaque jour de plus, après 100 jours de détention dans des conditions inhumaines à des dizaines de mètres sous terre, met leur santé physique et psychologique et voire leur vie en danger.

Tout Israel se solidarise en soutien aux familles des 136 otages encore retenus à Gaza. Parmi eux deux enfants, Ariel Bibas, 4 ans et son petit frère Kfir, un an. Ainsi que leurs parents. Le silence assourdissant du monde face à ce crime de guerre est insupportable.

Première journée à la Cour Internationale de Justice de La Haye où l’Afrique du Sud a déposé une plainte contre Israel pour « génocide contre le peuple palestinien ». Un mensonge à prendre très au sérieux.
Excellent dessin de mon ami Guy Morad cartooniste au grand quotidien Yeditoh Aharonot.

Et mon dessin

Aharon Barak, Président à la retraite de la Cour Suprême d’Israel, a été désigné par Bibi pour représenter Israel à la Cour Internationale de Justice à La Haye où l’Afrique du Sud a déposé une plainte accusant Israel d’opérer un génocide à Gaza. Aharon Barak, un des juristes et des juges les plus prestigieux d’Israel, défenseur inflexible de la démocratie et des droits de l’Homme, a survécu enfant à la Shoah. Il est très bien placé pour définir la distinction entre un génocide et une sale guerre.
L’ironie de la situation est que Bibi a trainé Barak dans la boue tout au long de sa tentative de « réforme » juridique qui tentait de vider la Cour Suprême de sa substance en attaquant les réformes votées sous le mandat d’Aharon Barak il y a plus de 25 ans et qui empêchaient le parlement de s’octroyer les pleins pouvoirs, y compris celui de voter des lois anticonstitutionnelles. La guerre actuelle a relégué le projet de pseudo réforme de Bibi au deep freezer mai il n’attend que la première occasion pour le décongeler.

Une équation impossible à prouver que le gouvernement Bibi s’entête à considérer comme un axiome. Cela fait bientôt 100 jours que nos otages sont aux mains du Hamas, nous sommes sans nouvelles directes des conditions de leur détention et de leur état de santé physique et psychologique, nous n’avons que des témoignages partiels d’otages libérés qui ne font qu’accroître notre inquiétude, surtout concernant les jeunes filles et les femmes, la Croix Rouge s’avère impuissante. Tout Israel est encore sous le choc du 7 Octobre et tant que les otages ne seront pas revenus, la vie ne pourra pas reprendre son cours « normal ».

2024 ne peut être pire que 2023! Alors, bonne année à tout le monde.

Mon amie Ann Telnaes, grande cartooniste américaine au Washington Post et membre de Cartooning for Peace, raconte dans l’édition de vendredi comment mon collègue palestinien Mohammad Sabaaneh et moi-même dessinons la guerre, mettant nos dessins en miroir en les commentant. Ce regard de deux dessinateurs différents qui vivent le conflit de l’intérieur est très éclairant pour ceux qui le perçoivent uniquement en noir et blanc. Je remercie Ann pour son initiative.
https://www.washingtonpost.com/opinions/2023/12/29/cartoons-gaza-war-israel-hamas-kichka-sabaaneh/?utm_source=facebook&utm_campaign=wp_opinions&utm_medium=social&fbclid=IwAR2gyq5wQLzwkRo8YvjQZ0cWhAJBaZnkREXLmFlg-HDftR4jZNNFe3VNjNE
J’avais défendu Sabaaneh en 2013.
Voir le lien ci-joint https://fr.kichka.com/2013/03/02/sabaaneh/

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