Pour la commémoration, mon père accompagne en témoin, comme chaque année, un groupe d’officiels belges à Auschwitz.
Je trie des documents où je trouve trois choses intéressantes. D’abord un dessin de Mickey et Donald, inspiré de Disney, réalisé en 1941. Mon père, âgé alors de 15 ans, se destine au dessin. Ce dessin a été remis avec d’autres, à des voisins belges, qui les lui ont restitués après la guerre. Ensuite une photo datant de 1942. Entouré de ses deux meilleurs amis, dans le parc de Saint-Gilles à Bruxelles. Ils portent l’Etoile Jaune et ne se doutent pas encore que la déportation est imminente. Puis deux dessins réalisées au sanatorium en 1946, après sa libération de Buchenwald par les troupes du Général Patton. Aucune haine dans ces portraits d’Hitler où il apparaît presque beau! Je pense que mon père essaye d’exorciser l’image d’Hitler qui revient toutes les nuits dans ses cauchemards. En vain.
Le dessin de Mickey c’est l’innocence. Hitler c’est une question obstinée, et qui restera sans réponse. Pourquoi?
65 ans de la libération d’Auschwitz
01/26/2010 par Michel Kichka




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Très Cher Michel, tu es vraiment le fils de ton père! Une filiation dans son sens le plus noble: se souvenir, témoigner et transmmettre. Monsieur Kichka s’est donné comme mission de raconter et d’expliquer aux jeunes générations ce que fut cette tragédie inommable non seulement pour le Peuple juif mais pour toute l’humanité. Cette mision, il l’accomplit tous les jours durant, depuis plusieurs décennies, avaec patience, pédagogie et sans haine. À ta manière et avec tes outils, tu accomplis la même mission, toi aussi, depuis plusieurs décennies. Le fils de ton Père !
Amitiés,
Mach
Bonjour Michel,
merci de nous rappeler par ce blog des faits, cette date et de nous partager à distance au travers de ces quelques dessins des petits moments d’intimité et de vérité que ton père a vécu avant et après la shoa.
Est-ce le hasard, mais de voir ces dessins cote à cote peut nous faire croire que ton père n’a rien perdu de sa bonté et bienveillance malgré les camps et que même en dessinant Hitler il « n’arrive pas » à le peindre méchamment, et qu’au fond tout ça ne lui a pas retiré sa bonté intérieure et sa « joie » de vivre.
Joie que tu incarnes, et désormais !
L’homme serait il plus fort que la mort ?
Amitiés à tous
Serge