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Charlie Hebdo publie ce dessin de Riss: le corps inanimé du petit Aylan Kurdi, sur la berge turque, aux pieds d’une promo de MacDo. Une journaliste analyse ce dessin et publie une tribune violente qui le condamne. Elle n’est pas la seule.
Elle a tout faux! C’est à cause ce genre de lecture biaisée que meurent des innocents manipulés jetés dans des manifs ou que des dessinateurs sont assassinés. Voici l’article: http://blogs.tribune.com.pk/story/29468/why-is-aylan-kurdis-tragic-death-satire-worthy-charlie-hebdo/
Un dessin de presse devra dorénavant être publié sous forme de code QR à scanner avec un avertissement:
1- Attention ce dessin ne convient pas aux gens dépourvus de sens de l’humour
2- Attention dessin pouvant être mal compris par des gens limités
3- Attention dessin pouvant être manipulé par des semeurs de trouble
4- Attention dessin trop sophistiqué pour des petits esprits
5- Attention dessin à lire au second degré
6- Attention dessin à lire au troisième degré
7- Attention c’est la réalité qui est cruelle et cynique, pas le dessin
8- Attention dessin émanant de la liberté d’expression
Et ça deviendra rapidement
10- Attention: Dessin!
Il ne faut vraiment pas avoir un Bac +5 pour comprendre que ce dessin décrit une réalité évidente. La famille du petit Kurdi a fui un pays où elle était menacée d’une mort certaine, sous les bombes des uns ou des autres, un pays sans avenir, un pays sans présent, un pays sans ordre, sans loi, sans espoir. Parfois même sans nourriture, ou presque. Un pays en crise humanitaire grave, où l’apocalypse est le seul horizon. Sans parler des passeurs, ces nouveaux proxénètes de la crise des migrants qui comptent en ricanant les billets de banque pendant que les payeurs comptent parfois les minutes qu’il leur restent à vivre. Un pays situé aux portes de l’Europe. Cette Europe où l’on peut trouver refuge, travail, salaire, école, santé. Dignité. Une Europe où la société de consommation promet une illusion de prospérité. Rien de choquant dans ce dessin si ce n’est la réalité-même qui y est dépeinte.
Un dessin de presse qui dit la vérité ne laisse jamais indifférent.
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Dessin d’octobre 2014. Trop souvent, l’actualité me pousse à recycler d’anciens dessins!
Jerusalem new Intifada

Provocation et répression, telle est la moisson d’un terrain aride qu’aucun processus de dialogue n’irrigue.
Jérusalem sept2015

Pour les Migrants que j’écris avec une majuscule comme s’il s’agissait d’un peuple, les frontières fermées sont autant de nouvelles mers hostiles qu’ils ont à traverser à leurs risques et périls.
Europe 1

http://www.i24news.tv/fr/actu/international/85334-150911-l-actualite-de-la-semaine-vue-par-michel-kichka

http://www.lemonde.fr/bande-dessinee/article/2015/09/11/a-caen-des-cartoonistes-sous-haute-surveillance_4753310_4420272.html
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Ossama Hajjaj, Jordanie

EDITORIAL

INTÉGRISME

Par Laurent Joffrin— 11 septembre 2015 à 19:36 

Dans les pays libres, les artistes sont libres. Ils le sont même plus que d’autres. Leur rôle n’est-il pas aussi, au-delà des recherches formelles qui sont leur apanage, d’interroger les croyances, les conventions, les tabous d’une société ? De Beaumarchais aux surréalistes, de Zola à Rushdie en passant par Picasso ou Genet, l’histoire de la création est émaillée de ces scandales qui ont bousculé les consciences et qui apparaissaient à certains contemporains comme des actes blessants et insupportables. A la lumière de cette longue suite d’écarts bénéfiques, les pressions brutales qui s’exercent sur l’art contemporain apparaissent pour ce qu’elles sont : des tentatives de censure haineuse qui suintent la nostalgie de l’ordre moral. Non pas qu’il faille interdire à quiconque de critiquer ou de réprouver publiquement des œuvres que chacun a le droit de détester. Quand l’artiste donne dans la provocation, ce qui est aussi sa fonction, il ne peut s’étonner de susciter des réactions. On soupçonne même, dans certains cas, qu’il en caresse le secret espoir… Mais, de même que les caricaturistes ont le droit de choquer certains musulmans ou de susciter la colère des intégristes sans qu’on exerce sur eux la censure ou la violence, les créateurs contemporains ont le droit de heurter les croyances, même les plus consensuelles. Faut-il rappeler qu’ils n’imposent à personne d’aller voir leurs œuvres ? D’autant que, dans le cas d’Anish Kapoor et de quelques autres, les protestations se doublent d’insultes et de menaces physiques. A quelque culte qu’il se rattache, l’intégrisme est d’abord une régression de l’esprit.

Laurent Joffrin
Liberté d'expression

Une analyse très pertinente des dégradations subies par « Dirty Corner » d’Anis Kapoor à Versailles, parue dans Libé.

ANALYSE

ŒUVRES DE FRICTIONS

Par Willy Le Devin et Elisabeth Franck-Dumas— 11 septembre 2015 à 19:36 

Les dégradations subies par «Dirty Corner» d’Anish Kapoor viennent s’ajouter à de nombreuses autres. Un phénomène qui risque de provoquer une forme d’autocensure chez les artistes et les institutions.

«Vous pensez que je vais devenir mièvre ?» La question de l’après-Kapoor se pose à Catherine Pégard, la directrice du domaine du château de Versailles où est installée Dirty Corner, l’œuvre du plasticien anglais Anish Kapoor, victime de nouvelles dégradations jeudi. Comment de tels actes pourront-ils ne pas peser dans la balance, lorsqu’il s’agira d’inviter à nouveau un artiste contemporain à Versailles ?

Le vandalisme n’est certes pas chose nouvelle en France, où l’on peut recenser des actes aussi divers qu’un urinoir de Duchamp cassé à coups de marteau en 1993 à Nîmes ou une photographie d’Andres Serrano, Immersion (Piss Christ)attaquée au pic à glace à la Collection Lambert d’Avignon en 2011. Voire, à Versailles même, la fontaine de Latone couverte de tags en 1980.

Mais, ces derniers mois, la violence des dégradations et la multiplication des attaques venues de milieux identitaires ont créé une situation d’intimidation inédite. Que l’on repense aux inscriptions antisémites et royalistes maculant l’œuvre d’Anish Kapoor ou, dans un registre différent, mais qui avait pour point commun l’exposition d’une œuvre d’art contemporain monumentale dans un lieu patrimonial, la place Vendôme, les attaques subies par le Tree gonflable de Paul McCarthy. Mieux connu sous le sobriquet de «plug anal», il fut l’objet de vigoureuses diatribes du mouvement Printemps français sur Internet, avant d’être dégonflé par un vandale. L’artiste, lui, a été attaqué physiquement par un individu lui hurlant qu’il n’était «pas français».

A Marseille, à la Friche de la Belle-de-Mai, un mode opératoire similaire s’est mis en place à la fin du mois d’août : sitôt l’exposition «Berlinhard», regroupant les œuvres d’artistes allemands sulfureux, repérée sur Internet, s’est mise en place une campagne d’intimidation émanant de l’extrême droite.

«Une volonté de faire plier l’autre»

Si l’on évoque ici des œuvres aux mérites divers, n’en demeure pas moins que ces dérapages haineux créent un climat délétère, à même d’influencer le fonctionnement d’institutions culturelles. «On est monté en degrés dans la violence, reconnaît Catherine Pégard, alors qu’elle évoque les récentes dégradations de Dirty Corner. Cela dit quelque chose de l’exacerbation des tensions, et d’une volonté de faire plier l’autre à son propre raisonnement, une volonté que l’on se censure soi-même, et qu’on censure les œuvres.»

Car il s’agit bien d’une forme de censure, bien plus insidieuse qu’une censure d’Etat, qui menace désormais les institutions culturelles. Et pas seulement, bien sûr, celles ciblées par les milieux proches de l’extrême droite : on se souvient qu’à Clichy, en janvier, une œuvre de l’artiste franco-algérienne Zoulikha Bouabdellah avait été retirée de l’exposition Femina, puis finalement réinstallée : la Fédération des associations musulmanes de Clichy avait envoyé un message à la mairie pour dire son inquiétude de voir exposée une œuvre sur l’un des cinq piliers de l’islam (la prière) et se déresponsabiliser par avance de tout incident pouvant survenir. La crispation moraliste pointe son nez partout.

«Il y a un climat délétère, il devient difficile de travailler de manière sereine, juge pour sa part Eric Mézil, directeur de la Collection Lambert, où un tableau de Cy Twombly avait été vandalisé en 2007 par un baiser, et où était exposée en 2011 le Piss Christ d’Andres Serrano alors même que sa présentation au même endroit en 2004, lors d’une exposition monographique, n’avait rencontré aucun problème.

«Il y a un retour de bâton que l’on n’aurait jamais pu imaginer il y a dix ans. On est actuellement en train d’organiser une exposition d’Adel Abdessemed, avec notamment une œuvre figurant un homme arabe nu qui joue de la flûte, dans une chapelle à Vence [Alpes-Maritimes, ndlr]. On l’a déjà présentée à la chapelle sans aucun problème, mais on est tous un peu inquiets, on se demande ce qui va nous tomber dessus. La liberté de l’art a été profondément atteinte, et pour longtemps.»

De source policière, on confirme l’emballement des menaces, qui connaissent une nouvelle vigueur depuis la Manif pour tous.«Clairement, les groupes royalistes, identitaires ou ultracatholiques se sont réveillés en 2013 dans la queue de comète du Printemps français. Les harcèlements téléphoniques, menaces de mort se multiplient. L’islamisme radical fait également planer une chape de plomb sur les expositions de caricatures», avertit un gradé du renseignement intérieur.

Des policiers «pris au dépourvu»

Les expositions d’œuvres dites «sensibles» font l’objet d’une veille menée par le Service central du renseignement territorial. Deux subdivisions D1 (chargée des faits religieux et mouvances contestataires) et D3 (dérives urbaines et repli identitaire) scrutent en permanence l’activité des leaders ou de groupuscules sur les réseaux sociaux. «En fonction de l’abondance du trafic, du degré de violence des échanges et de l’identité des auteurs, nous adoptons une stratégie», explique un haut fonctionnaire.

La plupart du temps, les œuvres sont protégées par des rondes et des patrouilles légères. Mais lorsque le risque de dégradations est avéré, des unités statiques peuvent être assignées à la surveillance. Encore faut-il que les policiers aient conscience de la dimension transgressive des œuvres. «Nous n’avons rien vu venir à l’époque du « plug » de McCarthy. Les briefs n’ont pas été suffisamment explicites sur le pedigree de l’artiste et sa démarche. Résultat, on a été pris au dépourvu.» Désormais, élus comme organisateurs sont sommés d’annoncer leur programmation très en amont.

A Versailles, l’œuvre de Kapoor n’avait pas fait l’objet d’un signalement particulier. «Mais tout le monde sait que chaque année, l’exposition d’artistes contemporains ici échauffe les esprits, ajoute Catherine Pégard. Et les journaux du monde entier avaient relayé la polémique autour du « vagin de la reine » avant même son ouverture.» La surveillance, renforcée depuis le premier acte de vandalisme en juin, et à nouveau après les inscriptions commises le week-end dernier, n’a pas empêché un troisième tag d’apparaître dans la nuit de mercredi à jeudi. Difficile de garder un parc de 800 hectares, ceint de 70 km de murs : Catherine Pégard rappelle que lors de la réunion du G7 en 1982, des intrus s’étaient retrouvés enfermés dans le parc. «Par mesure exceptionnelle et désespérante, on fait désormais garder l’œuvre par un maître-chien», se désole-t-elle.

Revenir sur les invitations, très controversées, d’artistes contemporains dans le domaine, la directrice n’y songe même pas.«Le débat a été tranché il y a quinze ans, balaie-t-elle, et c’est une manière de se défausser que de le remettre sur le tapis.» Pour le reste, Catherine Pégard l’affirme avec fermeté, ce qui lui importe ne changera pas, à savoir exposer des projets dont la pertinence par rapport au lieu est avérée. «Ce que je trouverais gravissime,ajoute-t-elle, c’est que des artistes se posent désormais la question de savoir s’ils doivent venir à Versailles ou non.»

J’ai choisi d’illustrer cette analyse par un célèbre dessin du regretté Bosc

J'aime beaucoup ce que vous faites.

J’aime beaucoup ce que vous faites.

 

Lu dans Le Monde d’aujourd’hui.
Amos Gitaï: « Faire un film n’est pas seulement un acte de mémoire mais peut aussi être une proposition pour l’avenir ».
Interview par Franck Nuchi à propos de son nouveau film The Last Day sur l’assassinat de Rabin.
Daniel Cohn-Bendit: « L’utopie est le rêve nécessaire et la réalité est le défi permanent ».
Interview par Raphaëlle Bacqué publiée hier sur ce blog.

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Suspendu dans les airs entre Tel Aviv et Berlin sur un vol de Germanwings, je viens d’achever la lecture de Charlotte de David Foenkinos. Je referme le livre, souffle coupé, retenant, peu-être par décence, un gros sanglot qui monte. Je suis assis entre deux allemandes, chacune plongée dans un livre. J’ai été estomaqué par Foenkinos, par la beauté de son phrasé, par la force de sa sobriété, par la puissance de ses mots simples et justes. Je connaissais l’oeuvre de Charlotte Salomon superficiellement. Mais pas du tout sa vie. Dans un mois je vais assister à Belfort à une exposition où mes dessins côtoieront les siens ainsi que ceux de Félix Nussbaum! A Berlin je suis venu présenter Deuxième Génération au Festival de Littérature. Nous sommes le 11 Septembre.
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