J’ai réalisé ce dessin il y a huit mois juste après les massacres du 7 Octobre perpétrés par le Hamas dans le Sud d’Israel. Je ne suis ni devin ni prophète, juste réaliste et je pense que ce dessin me donne malheureusement raison. Le Hezbollah qui a déjà détruit le Liban est en train de détruire de façon systématique et d’incendier tout le Nord d’Israel, vidé de ses habitants réfugiés dans leur propre pays. Le monde, comme d’habitude, reste silencieux. Une étincelle de trop pourrait mettre le feu à toute la région qui serait entrainée dans une guerre globale à laquelle participerait l’Iran qui n’attend que ça.
L’Axe du Mal islamiste est un triangle des Bermudes qui comprend l’Iran de Khamenaï, le Hezbollah de Nasrallah et le Hamas de Sinwar. Israel se trouve au centre de ce triangle mais ce sont toutes les sociétés occidentales, démocratiques, libérales et progressistes qui sont visées.
Je ne comprends pas comment de si nombreux dirigeants et électeurs LFI et des étudiants d’universités prestigieuses intellectuels de demain, pour ne citer que la France, cautionnent avec tant de zèle l’idéologie maladive de l’Islam radical qui est la négation-même de leur conception du monde. Un monde sauvé d’une autre tyrannie il y a 80 ans exactement par le débarquement allié sur les plages de Normandie. A moins qu’ils ne soient tous complètement gangrenés par l’antisémitisme, un cancer apparemment incurable qui aurait rongé leur cerveau et leur coeur.

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L’antisémitisme est hélas une réalité et gangrène certains esprits mais ne suffit pas à expliquer l’indignation de l’opinion internationale devant les crimes commis à Gaza. La colonisation n’est-elle pas aussi une gangrène qui ronge Israël et a permis l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir ? Bruno Pelhâte, un lecteur de deux de vos BD.
Absolument.
Bonjour Michel,
On peut parfaitement s’indigner de tous les bords.
Je ne peux pas vous laisser penser que l’indignation vis à vis de ce qui se passe actuellement dans la bande de Gaza revienne à « cautionner l’idéologie maladive de l’Islam radical ».
Simplement, il est impossible de cautionner ce qui se passe dans la bande de Gaza pour nous (car je m’y inclue sans m’inclure dans aucun groupe politique).
Vous savez, les mêmes personnes disent souvent aussi s’indigner de ce qui s’est passé le 7 Octobre et de la situation des otages, ces mêmes personnes ne cautionnent pas l’idéologie du Hamas (je m’y inclue donc aussi).
Alors y a t’il dissymétrie sur la couverture médiatique ?
Sans doute, je pense que les évènements qui se passent au nord d’Israël sont beaucoup moins couverts, vous avez donc raison d’en parler.
Ils le seront sans doute si cela acquiert la proportion dramatique de ce qui se passe dans la bande de Gaza.
Hélas, c’est un risque non négligeable et ce sera trop tard.
Comme je vous le disais, il y a quelques mois, plus ces bombardements et ce massacre durent dans la bande de Gaza, plus Israël sera en danger, à cause de sa position géographique et de la géopolitique de la région.
L’antisémitisme est certes partout, ici, cela se manifeste par la recrudescence de tags et dégradations ciblées, mais il ne faut pas faire d’amalgame ni d’une part ni de l’autre.
Il ne faut pas non plus le surestimer ou le caricaturer (sérieusement) comme le font les médias qui aggravent la situation.
Pour l’instant, l’essentiel des populations occidentales ne cautionne pas l’idéologie de l’islam radical, le terrorisme reste bien trop ancré dans nos têtes.
(Et nous avons beaucoup de racisme dans l’autre sens aussi, même si c’est un autre sujet)
Il y a aussi, et on en parle trop peu, beaucoup d’autres liens de « soutien » aux civils qui sont victimes de ces guerres.
Vous savez ce qui fait s’indigner pour les otages, pour les victimes du 7 octobre, pour les victimes de la bande de Gaza, pour ce qui se passe dans le nord d’Israël, il faut être honnête et admettre que ce sont davantage des liens de fraternité et d’humanisme que des liens de haine (dans nos sociétés occidentales).
Ces liens de fraternité sont bien plus complexes que ce que la scène médiatique n’arrive à le refléter.
(On peut aussi se demander où sont ces liens lorsqu’il s’agit d’accueillir les populations en fuite qu’on laisse couler dans le cimetière qu’on nomme encore mer méditerranée.)
Ce qui dirige l’audience médiatique est devenu la polémique, il est donc normal que les médias échouent totalement à assurer leur rôle d’observateurs critiques.
Je le dénonce régulièrement, nous avons mondialement perdus des rôles majeurs de ces médias et de nos scènes intellectuelles et politiques : l’observation critique, l’arbitrage intellectuel et politique, puis le débat entre tous les corps de société.
En revanche, et je vous le dis sincèrement, même si je suis personnellement inquiet pour la population israélienne, je ne peux pas cautionner ce qui se passe dans la bande de gaza non plus, il faut que ça cesse, sinon, tout le monde le paiera.
Je suis bien conscient qu’il y a toujours des otages, mais ce n’est pas ainsi qu’ils seront libérés, c’est la vie de toute la population israélienne qui est mise en péril actuellement par cette « politique de massacre quoiqu’il en coute ».
Vous le dénoncez aussi vous-même.
Soyez convaincu que dans nos sociétés occidentales les intellectuels et artistes ne cautionnent pas les idéologies radicales islamistes. La couverture médiatique et politique sont complètement biaisées.
Si nos démocraties sont malades, c’est d’avoir laissé nos médias devenir les jouets de caprice de milliardaires névrosés, d’avoir laissé l’interpellation et la polémique prendre autant le pas sur le débat.
C’est aussi ce qui pousse à la dépolitisation de nos intellectuels.
Tout ceci déséquilibre complètement l’analyse lorsque les médias ont un intérêt à faire du fric plutôt qu’à préparer un terrain fertile aux débats.
C’est mon point de vue, j’espère qu’il pourra nuancer un peu le votre.
Je vous souhaite bon courage toutefois et j’espère que nos craintes ne se réaliseront pas car nos avis semblent converger sur nos projections.