Lance Armstrong destitué de ses titres de champion et lâché par ses sponsors. Dure sentence pour ce sportif qui a suscité tant d’admiration. Est-il possible pour autant de l’effacer de la mémoire collective? Car c’est un peu ce qu’on exige de nous. Va-t-on nous obliger à mémoriser le nom du numéro deux de chacun des Tours de France qu’Armstrong a gagné? Et s’il s’avère, dans cinq ans ou dans dix ans à venir, que le numéro deux se dopait aussi, va-t-on exiger de nous de retenir le nom de chaque numéro trois?
Au lieu d’avoir soif de records battus et de super-héros, acceptons plutôt la vérité: sans dopage ce ne sera plus possible. On a les meilleurs maillots, les shorts les plus moulants, les fibres les plus innovantes, les vélos les plus légers, les roues les plus rondes, les entraîneurs les plus profesionnels, les psychologues sportifs les plus expérimentés, les coureurs les plus sponsorisés, les sportifs les mieux dopés. Les sportifs sont poussés par le public. Les sponsors par leurs actionnaires. Quelques gouttes de potions magique sont capables d’entacher toute une stratégie de marketing et de ternir une image de marque. C’est là le vrai drame: dans le bras de fer entre l’éthique du sport et le cynisme du marché, c’est ce second qui endosse le maillot jaune.

Lance Armstrong, champion déchu
10/21/2012 par Michel Kichka
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