Je m’appelle Linda Ajchenholc, je suis une amie d’Irène et je me permets de te tutoyer car nous nous sommes parlés récemment lors d’un dîner chez Rosy et Noel (où d’ailleurs ton père se trouvait aussi).
Je connais assez bien Henri pour l’avoir rencontré à de nombreuses reprises et j’étas donc curieuse de lire ton livre (je préfère parler d’un livre plutôt que d’un album de BD). Je n’ai pas été déçue car j’y ai retrouvé tous ses traits de caractère…
Mais le livre va bien au-delà de votre histoire familiale et il m’a aussi profondément touchée car je fais également partie de la « 2ème génération ». Nos pères ont d’ailleurs été présentés l’un à l’autre par Irène et moi il y a quelques années et ils se sont aperçu qu’ils avaient « fait » les mêmes camps. Mais leurs affinités se sont arrêtées là car ils ont des tempéraments très différents. Mon père parle très peu de la shoah (un peu plus maintenant depuis le décès de ma mère qui lui interdisait d’en parler). Mais ce terrible non dit a pesé lourdement sur mon enfance et sur ma vie en général. Etant enfant unique et les autres membres de ma famille paternelle ayant tous disparu pendant la guerre, je n’ai pas pu échanger sur ce sujet et je réalise seulement maintenant combien ce traumatisme familial a marqué mon existence. Je me suis beaucoup retrouvée dans la situation de l’enfant qui dolit être parfait parce que « papa a souffert ». Je te remercie donc pour ce livre qui m’a fait autant sourire que pleurer.
Merci pour ta réaction Linda. En écrivant mon livre, je me doutais bien que d’autres allaient s’y reconnaître, car nous sommes la première génération de l’après-guerre, la Deuxième Génération de la Shoah, avec tout ce que ça sous-entend. En ne nous racontant pas, les parents voulaient nous « protéger ». Mais il est vrai qu’il leur était encore impossible de parler, même s’ils l’avaient voulu. Petit à petit la parole s’est libérée chez les uns, chez les autres pas. Certains se sont construits, d’autres se sont détruits. Cordialement, Michel
Bonjour, J’ai beaucoup apprécié la lecture de votre livre-BD.
Je ne viens pas d’une famille juive, mais mon père possédait de nombreux livres sur ce qu’on appelait à l’époque « l’Holocauste ».(Peut-être vient-il lui-même d’une famille comme le Michel Kikchka de Charleroi)
J’en ai ouvert plusieurs, mais je ne suis jamais arrivée à en terminer un.
Leur contenu (photos ou récits) était trop insoutenable pour moi.
Et le peu que j’en avais vu ou lu m’a hanté pendant des années.
J’avais une dizaine d’années quand j’ai vu quelques passages du film « les uns et les autres » et jusqu’à ce jour (j’aurai 40 ans cette année) je ne peux écouter le boléro de Ravel sans me sentir angoissée, sur le qui-vive, mal à l’aise…..
Il y a quelques années, un de mes frères m’a parlé de « Maus », je me le suis procuré et j’ai trouvé que la bande dessinée était un support magnifique pour faire passer un message d’une gravité extrême comme celui de la Shoah.
Cela ne rend pas moins atroce ce qui s’est passé, mais cela rend la lecture plus digeste et cela touche un public beaucoup plus large.
Il y a beaucoup de similitudes entre le père de Mr Spiegelman et votre papa.
C’est vrai que, pour ceux qui côtoient de telles personnalités occasionnellement, ils ne représentent que des personnes hautes en couleurs, mais pour leurs propres enfants ce ne doit pas être évident tous les jours !!!!
J’ai lu des livres d’enfants de rescapés ayant émigrés aux E-U, qui n’avaient pas connu, à cause des non-dits, la tragique expérience de leur(s) parent(s) et qui vivaient une souffrance, un mal-être (dépression et autre) sans avoir vécu eux-même le moindre traumatisme.!!!!
Merci aussi d’avoir répondu à une question que je me posais. Celle de savoir, si l’on pouvait se moquer de tout.
Je pense que seuls ceux qui ont souffert d’un traumatisme et les personnes de leur entourage peuvent se permettre telle ou telle blague; parce qu’alors, elle sonne juste.
Dans la bouche de quelqu’un d’autre, la même blague passerait pour une insulte, une injure, pour quelque chose de mauvais goût.
Je n’ai jamais apprécié les blagues « sur » les juifs. Elles ne m’ont jamais fait rire, ni sourire.
Par contre, dans votre livre, ça ne m’a pas fait rire, mais cela ne m’a pas choquée !!!
Merci encore pour votre témoignage. J’ai beaucoup aimé votre coup de crayon, votre humour et surtout les nombreux détails.
J’ai beaucoup aimé le petit clin d’oeil à la bande dessinée belge, lors de votre parallèle avec votre père et vous en tant qu’élève premier de classe.
(Avec Tintin et Gaston La Gaffe).
Bonjour Michel,
Je m’appelle Linda Ajchenholc, je suis une amie d’Irène et je me permets de te tutoyer car nous nous sommes parlés récemment lors d’un dîner chez Rosy et Noel (où d’ailleurs ton père se trouvait aussi).
Je connais assez bien Henri pour l’avoir rencontré à de nombreuses reprises et j’étas donc curieuse de lire ton livre (je préfère parler d’un livre plutôt que d’un album de BD). Je n’ai pas été déçue car j’y ai retrouvé tous ses traits de caractère…
Mais le livre va bien au-delà de votre histoire familiale et il m’a aussi profondément touchée car je fais également partie de la « 2ème génération ». Nos pères ont d’ailleurs été présentés l’un à l’autre par Irène et moi il y a quelques années et ils se sont aperçu qu’ils avaient « fait » les mêmes camps. Mais leurs affinités se sont arrêtées là car ils ont des tempéraments très différents. Mon père parle très peu de la shoah (un peu plus maintenant depuis le décès de ma mère qui lui interdisait d’en parler). Mais ce terrible non dit a pesé lourdement sur mon enfance et sur ma vie en général. Etant enfant unique et les autres membres de ma famille paternelle ayant tous disparu pendant la guerre, je n’ai pas pu échanger sur ce sujet et je réalise seulement maintenant combien ce traumatisme familial a marqué mon existence. Je me suis beaucoup retrouvée dans la situation de l’enfant qui dolit être parfait parce que « papa a souffert ». Je te remercie donc pour ce livre qui m’a fait autant sourire que pleurer.
Bien cordialement.
Linda
Merci pour ta réaction Linda. En écrivant mon livre, je me doutais bien que d’autres allaient s’y reconnaître, car nous sommes la première génération de l’après-guerre, la Deuxième Génération de la Shoah, avec tout ce que ça sous-entend. En ne nous racontant pas, les parents voulaient nous « protéger ». Mais il est vrai qu’il leur était encore impossible de parler, même s’ils l’avaient voulu. Petit à petit la parole s’est libérée chez les uns, chez les autres pas. Certains se sont construits, d’autres se sont détruits. Cordialement, Michel
Bonjour, J’ai beaucoup apprécié la lecture de votre livre-BD.
Je ne viens pas d’une famille juive, mais mon père possédait de nombreux livres sur ce qu’on appelait à l’époque « l’Holocauste ».(Peut-être vient-il lui-même d’une famille comme le Michel Kikchka de Charleroi)
J’en ai ouvert plusieurs, mais je ne suis jamais arrivée à en terminer un.
Leur contenu (photos ou récits) était trop insoutenable pour moi.
Et le peu que j’en avais vu ou lu m’a hanté pendant des années.
J’avais une dizaine d’années quand j’ai vu quelques passages du film « les uns et les autres » et jusqu’à ce jour (j’aurai 40 ans cette année) je ne peux écouter le boléro de Ravel sans me sentir angoissée, sur le qui-vive, mal à l’aise…..
Il y a quelques années, un de mes frères m’a parlé de « Maus », je me le suis procuré et j’ai trouvé que la bande dessinée était un support magnifique pour faire passer un message d’une gravité extrême comme celui de la Shoah.
Cela ne rend pas moins atroce ce qui s’est passé, mais cela rend la lecture plus digeste et cela touche un public beaucoup plus large.
Il y a beaucoup de similitudes entre le père de Mr Spiegelman et votre papa.
C’est vrai que, pour ceux qui côtoient de telles personnalités occasionnellement, ils ne représentent que des personnes hautes en couleurs, mais pour leurs propres enfants ce ne doit pas être évident tous les jours !!!!
J’ai lu des livres d’enfants de rescapés ayant émigrés aux E-U, qui n’avaient pas connu, à cause des non-dits, la tragique expérience de leur(s) parent(s) et qui vivaient une souffrance, un mal-être (dépression et autre) sans avoir vécu eux-même le moindre traumatisme.!!!!
Merci aussi d’avoir répondu à une question que je me posais. Celle de savoir, si l’on pouvait se moquer de tout.
Je pense que seuls ceux qui ont souffert d’un traumatisme et les personnes de leur entourage peuvent se permettre telle ou telle blague; parce qu’alors, elle sonne juste.
Dans la bouche de quelqu’un d’autre, la même blague passerait pour une insulte, une injure, pour quelque chose de mauvais goût.
Je n’ai jamais apprécié les blagues « sur » les juifs. Elles ne m’ont jamais fait rire, ni sourire.
Par contre, dans votre livre, ça ne m’a pas fait rire, mais cela ne m’a pas choquée !!!
Merci encore pour votre témoignage. J’ai beaucoup aimé votre coup de crayon, votre humour et surtout les nombreux détails.
J’ai beaucoup aimé le petit clin d’oeil à la bande dessinée belge, lors de votre parallèle avec votre père et vous en tant qu’élève premier de classe.
(Avec Tintin et Gaston La Gaffe).
Bonne continuation.