Cette excellente photo est de Miki Kratsman, photographe à Haaretz et directeur du département de photographie de l’Académie Bezalel de Jérusalem. Elle a été prise à Guilo, quartier du sud-est de Jérusalem qui fait face à Bethleem et Bet Jallah. Pendant l’intifada des tirs ciblés en provenance de Bet Jallah visaient les habitants et les maisons de Guilo. Face à cette situation nouvelle et extrême, Tsahal avait riposté et la municipalité avait érigé une muraille de protection, un mur de béton pare-balle et pare-obus. Le genre de mur que les tagueurs adorent. Mais ici ce sont des artistes peintres, commandés par la ville, qui ont fait de ce mur une toile.
L’un d’eux à restitué le paysage que ce mur cache: la colline des Monts de Judée où se dresse Bet jallah, petit village pastoral devenu menaçant du jour au lendemain. La photo de Miki qui se contente apparemment de montrer objectivement l’état des lieux raconte aussi d’une certaine façon ce conflit.
Un écran où se projette du côté israélien un rêve estompé, un idéal disparu. Une image où le ciel est peut-être moins bleu mais l’herbe plus verte.Une toile qui cache la réalité pour mieux la fuir et en présenter une autre, plus belle.
Et du côté palestinien, plus que probablement, du béton brut de décoffrage et gris, comme la couleur de leur présent, mais aussi un refus de voir la réalité israélienne.

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Je rappellerai ici un tableau de Magritte qui représente une chambre dans laquelle un tableau posé sur un chevalet est placé devant une fenêtre entourée de rideaux rouges.
La toile représente un paysage qui « coïncide » avec des éléments du paysage qui se trouve derrière la vitre, nuages compris.
Automatiquement on identifie le paysage représenté avec ce qui est ‘caché’ par le tableau…
Mais qu’est-ce qui se trouve derrière une toile, si ce n’est un mur?
Non, le tableau ne s’intitule pas « l’ilusion des images » ou « ceci n’est pas une pipe », mais « la condition humaine ».
De quoi faire réflechir.
Colette
J’aime beaucoup la comparaison, Colette. On va appeler cette photo: « Ceci n’est pas une paix! » Bises, Michel